Du bruit encore

Comment croire en effet que ce mystère, à peine compris, qu’on trimbale pourtant depuis le début, cette tonne de questions de nos vies, pourrait brusquement nous être rendu clair d’un coup, ou au moins céder le pas un moment, par la présence d’un autre

Pour essayer de comprendre encore cette histoire de rumeurs. La question est de savoir pourquoi on continue, malgré toutes les tentatives ratées à chercher dans les regards ou les mots d’un autre, un écho à cette lueur qui s’obstine à trembloter dans nos nuits ? Comment croire que ce mystère, à peine compris, qu’on trimbale pourtant depuis le début, cette tonne de questions de nos vies, pourrait brusquement nous être rendu clair d’un coup, ou au moins céder le pas un moment, par la présence d’un autre, par cette croyance qu’une passerelle est possible et que cette rencontre pourrait tout éclairer ? Par quel miracle ?

J’ai beau tourner la question dans tous les sens, tout ça m’échappe. J’en ai pourtant toute une litanie de ces espoirs, de ces sourires ébauchés, de ces élans où la main retombe, lorsque, par une méprise idiote, l’autre qu’on accueillait déjà comme étant chez lui se détourne d’un air gêné de tout ce déballage qu’il n’a pas demandé ? On balbutie alors. On sort une pirouette pour se donner contenance. Pourtant cet espoir est toujours là, en dépit de tout, niché dans le silence, tout neuf à chaque fois. Comme si un refuge était possible, sans cette carcasse grinçante ou ces doubles qui m’épuisent. Je le reconnais ce vide soudain qu’il creuse, cette suspension de tout. C’est toujours le même. Celui des débuts, des grands chambardements. Et je les vois alors, les regards réprobateurs de mes doubles, les mines inquiètes qu’ils échangent entre eux. Dans quel état il va encore nous mettre ? Ils se disent. On ne sera donc jamais en paix ?

En paix ? Mais à quoi sert d’être en paix ? Il me faut des réponses, pas la paix ! Je leur répondrais bien, si je ne craignais qu’ils s’en aillent. Alors je me contente d’un regard vague et eux ils soupirent. Voilà bien que ça le reprend, je les entends murmurer.

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