Fin de monde et nœud papillon

Et en réfléchissant aux précédents, ou encore aux fins de mondes qu’on a pu côtoyer chez d’autres, on se demande souvent comment les gens se sont apprêtés, ce qu’ils ont mangé, comment ils voyaient l’instant en un mot. Est-ce que c’était comme de préparer un soir de noël, un rendez-vous amoureux ou plutôt une veillée funèbre ?

Le problème avec la fin d’un monde, c’est qu’on ne sait jamais comment s’habiller.

L’entrée en matière est un peu brutale, mais vous voyez l’idée. Quand on est invité dans une soirée un peu solennelle, il faut savoir quoi se mettre, comment se comporter. Être à la hauteur du moment en un mot. Des fins de mondes, on n’en a pas tant que ça sous la main tout de même. Et en réfléchissant aux précédents, ou encore aux fins de mondes qu’on a pu côtoyer chez d’autres, on se demande souvent comment les gens se sont apprêtés, ce qu’ils ont mangé, comment ils voyaient l’instant en un mot. Est-ce que c’était comme de préparer un soir de noël, un rendez-vous amoureux ou plutôt une veillée funèbre ? Fallait-il se réjouir du passé ou prendre un air lugubre en voyant ce qu’on était devenu ? Je plaisante, mais avouez avec moi que la question est épineuse.

Si je vous en parle, c’est que ça a été soulevé au cours d’une réunion de concertation. Certains de mes doubles (un surtout qui aime dramatiser en prenant des airs mystérieux) se sont inquiétés de savoir quelles étaient les consignes alors que les preuves se multipliaient et rendaient probable un désastre imminent. La question se comprend remarquez, ils sont en première ligne. Le comment faire et l’anticipation, c’est tout leur travail.

Sans vouloir dévoiler le détail de nos débats internes, sachez seulement que les positions étaient diverses, prudentes et pour tout dire assez ennuyées. J’ai bien tenté de faire valoir que comme le cavalier d’Alice, je ne voyais pas pourquoi la position du monde devait influer sur la façon dont je laissais la vie m’embarquer. La solution avait l’avantage de pouvoir poursuivre son chemin malgré tout en prenant un air crâne et décidé, même si ça ne fait que repousser le problème.

J’ai vite compris aux moues dubitatives que je ne persuadais pas grand monde. Mais comme ça arrangeait de ne rien changer au fond, et que personne n’avait mieux à proposer, la motion a été adoptée. Pas de conclusion définitive donc. Juste un bricolage de surface.

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