Quelque chose va arriver
Ce matin, je me suis réveillé avec l’idée que quelque chose allait se passer. Plus qu’un banal espoir, une certitude presque. Alors forcément, ça a été un beau branle bas de combat.
Ce matin, je me suis réveillé avec l’idée que quelque chose allait se passer. Plus qu’un banal espoir, une certitude presque. Alors forcément, ça a été un beau branle bas de combat. Des coups de pieds dans les endormis, plus personne en vadrouille, tout le monde à son poste et plus vite que ça. Je me suis habillé, préparé et suis sorti marcher dans les rues. J’ai souri aux gens, d’un air lointain mais amical, pour ne pas effrayer. Toute la journée, ça ne m’a pas quitté. Tout le long j’ai guetté les signes d’une rencontre, d’un événement inattendu qui allait tout changer. Je voyais bien les questions amusées qui s’allumaient parfois. Encore un dérangé ils se disaient. Mais après tout qu’importe. Je n’allais pas laisser échapper une occasion par peur du qu’en dira-t-on. J’ai marché, regardé et souri comme ça, mais il ne s’est rien passé. En désespoir de cause, je suis allé m’asseoir sur un banc à l’écart, près du fleuve. Après tout, là ou ailleurs. J’y suis resté longtemps, frissonnant dans le froid et la bruine, emporté par les remous et les tourbillons, à ruminer un sens dans le vol des pigeons. Regarde donc cet idiot, ils se répétaient tous. Il n’a donc pas encore compris ? Que fait-il là quand on pourrait être au chaud ? J’ai tenté de les faire taire. Mais ils avaient bien raison. Finalement rattrapé par le ridicule de la situation, je suis rentré, la tête basse.
Demain, j’aurai plus de chance.

